
On aimerait bien pouvoir laisser tout derrière. Tuer ce putain de mythe du Petit Poucet. Quitter ce qui nous a fait, faire comme les grands, se renier. Se dire qu'on a pas aimé dans cette rue, et surtout pas lui, qu'on s'est pas soûler avec elle encore moins sur cette musique, qu'on a pas dit ces mots et surtout pas si mal, qu'on a pas aimer ce film, pas vraiment. Qu'on a pas vécu ici. Qu'on va faire mieux ailleurs. On aimerait bien oublier nos idéaux soixante-huitards, s'inscrire dans une salle de sport, porter du Cerruti, dîner au Costes et être coté en bourse. On a pas l'âge. On est rattrapé, comme des cons, là, dans cette nouvelle rue, devant ce nouveau pavé. Ca doit être aussi pour ça que l'on écrit en Français, qu'on a du mal à abandonner notre langue, nos photos et nos angoisses. Pour ça que l'on est connecté à MSN en permanence, pour cela que l'on a un numéro de téléphone. J'aurai bien aimé ne pas semer de cailloux derrière moi, vivre la grande aventure, la vrai. Indiana Lulu, pourquoi pas, j'ai une tête à chapeau. On s'est dit qu'on pourrait pas, ça doit être vrai.
Alors sans cesse cela défile ... On se rend compte que l'on a oublié de prendre les bonnes photos, au bon moment, et on est obligé de se souvenir.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire