mardi 16 octobre 2007

Que signifie apprivoiser ? C'est une chose trop oubliée dit le Renard ...





Ce n'était encore qu'un endroit comme un autre. Et il n'avait pas besoin de moi, et je n'avais pas besoin de lui. Et ces rues, n'étaient que des rues, ces gens des gens. Il y avait cette curiosité tout de même, un petit peu d'admiration pour leur liberté absolue dans l'aspect, la subtilité des publicités peut-être, puis leur audace avec les Eglises-boîtes de nuit.
Mais ce n'était finalement qu'un attrait touristique, rien n'était à moi. Mes pas n'étaient nulle part. Je ne m'étais assise dans aucune herbe, n'avait raconté ma vie dans aucun café.
Découvrir, regarder, sympathiser, oublier, recommencer. La vie dissolue d'un étudiant Erasmus, a le gout étrange d'une maladie d'Alzheimer, tout est nouveau puisque tout est oublié.
Et puis, j'ai reconnu mon empreinte. Un matin que j'écoutais Lou Reed. Il y a peu Pale Blue eyes, c'était un soir d'Août en rentrant d'une maison du Nord de Nancy, en vélo sous une pluie naissante. Aujourd'hui, c'est mon Ipod proche du vendeur de Smoothie, un matin où je n'avais pas besoin d'écharppe.
Ma madeleine musicale avait reconnu sa nouvelle vie. Elle l'oubliera dans 6 mois.
Si tout pouvait toujours changé et que l'on ne s'oublie pas. Si on pouvait ne pas oublier de penser. Si on pouvait continuer à voir des écureuils courirent sur le campus, avec des feuilles d'automne à leurs trousses. Les écureils ont ils peurent de ces feuilles comme nous craignons la pluie ?
Se réfugient-ils sous des arrêts de bus, en sympathisant dans l'union de l'humanité humide et odorante ? Les écureuils sont ils des cons ? Et pour cette même raison, doit on les aimer ?

Et puis parfois, il y a un trou au fond ...




On aimerait bien pouvoir laisser tout derrière. Tuer ce putain de mythe du Petit Poucet. Quitter ce qui nous a fait, faire comme les grands, se renier. Se dire qu'on a pas aimé dans cette rue, et surtout pas lui, qu'on s'est pas soûler avec elle encore moins sur cette musique, qu'on a pas dit ces mots et surtout pas si mal, qu'on a pas aimer ce film, pas vraiment. Qu'on a pas vécu ici. Qu'on va faire mieux ailleurs. On aimerait bien oublier nos idéaux soixante-huitards, s'inscrire dans une salle de sport, porter du Cerruti, dîner au Costes et être coté en bourse. On a pas l'âge. On est rattrapé, comme des cons, là, dans cette nouvelle rue, devant ce nouveau pavé. Ca doit être aussi pour ça que l'on écrit en Français, qu'on a du mal à abandonner notre langue, nos photos et nos angoisses. Pour ça que l'on est connecté à MSN en permanence, pour cela que l'on a un numéro de téléphone. J'aurai bien aimé ne pas semer de cailloux derrière moi, vivre la grande aventure, la vrai. Indiana Lulu, pourquoi pas, j'ai une tête à chapeau. On s'est dit qu'on pourrait pas, ça doit être vrai.
Alors sans cesse cela défile ... On se rend compte que l'on a oublié de prendre les bonnes photos, au bon moment, et on est obligé de se souvenir.

Apprendre à garder les petits cailloux dans sa poche ...


Pourquoi partir quand on peut rester, regarder scrubs et manger des spaghettis ?
Pourquoi se serrer les genoux sur Ryanair quand on pourrait rouler à vélo ?
Pourquoi regarder un bout de sa vie couler par les yeux quand on pourrait faire la grasse matinée?
Pourquoi vivre ailleurs quand on pourrait rester ?

Pour l'aventure, mon gars, pour l'aventure !
Pour la vie qu'on aura plus, et celle qu'on regrettera,
Pour se souvenir avec regret de ce que l'on détestait,
Pour perdre ses copains, et oublier de s'en refaire ...

Parce qu'on avait peur de devenir vieux, avec ce thé qu'on buvait en regardant la fenêtre, parce que télérama sur la table basse et Duke Ellington en fond ce sera pour plus tard. Avant de vivre comme on l'aime, il faut vivre comme des jeunes. Il faut bourrer son congèl' de pizza, s'hydrater à la bière, et vivre la liberté des sexual intercouses. Shaggy baby.

On avait peur de vieillir à 60 ans, sans avoir eu suffisamment de jeunesse pour devenir adulte, aujourd'hui on sait qu'on aura vécu la désinvolture alcoolisée des enfants qui ont grandit et filent aveuglément vers le destin de leurs parents.
On ne sera pas psychanalisé tout va bien, on aura vécu toutes les étapes que l'on attendait de nous, celles qui forment des êtres accomplis.

Et puis on se sera quand même vachement marré.